GARENNES DE PROUST — CE TRÈS GRAND ROMAN QU’EST « WATERSHIP DOWN » DE RICHARD ADAMS & « THE FALL OF EFRAFA » — CONCEPT ALBUM SUBLIME DE CRUST PUNK DES WARREN OF SNARES

GARENNES DE PROUST — « WATERSHIP DOWN » DE RICHARD ADAMS & « THE FALL OF EFRAFA » — DES WARREN OF SNARES

 

 

« Les hommes, eux, ne s’arrêteront pas avant d’avoir détruit la Terre et éradiqué les animaux. »
p.186 in Watership Down, Richard Adams, 1972

 

 

« I am legion for we are many. »
« Warren of Snares » in the album Inlé (2009) — Fall of Efrafa

 

 

WATERSHIP DOWN
   Si vous nous demandiez quel roman avec des animaux nous vous conseillerions bien volontiers nous vous donnerions plusieurs titres d’auteurs tels Clifford D. Simak, Jack London, Pierre Boule ou Robert Merle, Marcel Aymé ou Alice Ferney, William Kotzwinkle ou Selma Lagerlöf, Jean-Baptiste de Panafieu ou Félix Salten… ou bien encore vous parler d’un roman de 1972 que nous avons découvert avec enchantement tout récemment : Watership Down de l’écrivain anglais Richard Adams.

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LIFE DIVISION — REVIEW DE « VEGAN ORDER » DE MARIANNE CELKA — ENTRE SOCIOLOGIE DE COMPTOIR ET PRÉMONITION

LIFE DIVISION — REVIEW DE « VEGAN ORDER » DE MARIANNE CELKA

 

« Now so long, Marianne
It’s time that we began to laugh
And cry and cry and laugh about it all again »
So long Marianne — Leonard Cohen — 1967

 

« Bêtes, puisque nous sommes les puissants, nous définissons les figures du vivant, jusque aux formes de vos corps, aux oreilles qui seront taillées comme des buissons, aux conditions de votre aliénation, aux règles de vos vies, à l’usure du collier sur votre cou, aux clauses de votre reproduction (interdite ou accélérée), à la dévoration de votre progéniture, à la catégorisation de vos races, aux matières de votre corps dont nous usons, à l’espace que nous vous concédons. À la puissance nous devrions inférer la protection. C’était un dû, un devoir. Nous sommes en deçà de nous-mêmes pour vous, bêtes animales, et pour vous, humains animalisés. L’indignité des puissants nous tient tous serrés dans le même troupeau. »
p.130 in Mort d’un cheval dans les bras de sa mère — Jane Sautière

 

« Un jardin zoologique est encore un remarquable observatoire social, un miroir où, hélas, l’humanité n’apparaît pas toujours à son avantage. »
p.180 in Les captifs du zoo, Vera Hegi

 

 

   Vous siérait-il de faire un peu de sociologie ? Oh allez ça va, c’est pas d’la physique quantique (quoi que…), on va y arriver. C’est chouette la socio ; ça parle des gens dans la société, comment qu’ils se frôlent, comment ils se comportent, comment les gens ça va et vient dans leur jus social, comment ça se normalise, comment vont les flux humains, comment ça génère des classes, des genres, comment ça se régule, se catégorise, etc. Attention toutefois : on dit bien « milieu social », pas question dans cette discipline appartenant aux « sciences humaines » de biophysique ou de mentalité individuelle… juste le comportement dans le milieu social, le truc qui vous échappe en somme qui vous donne l’air d’électrons (libres ?) — capito ?
   C’est encore une fois notre curiosité qui nous a conduit à nous procurer et lire ce… mettons ce sociogramme publié fin 2017 aux éditions Arkhê, rédigé par Marianne Celka et amplement repris et actualisé de sa thèse de doctorat en sociologie produite en 2012. Marianne Celka officie à l’université Paul Valéry de Montpellier et est chercheuse à l’IRSA-CRI, le laboratoire de sociologie de Montpellier 3. Comme on va le voir, elle a sa façon bien à elle d’aborder la question animale par le prisme des agents de cette cause que sont les véganes de tous poils. Car Marianne Celka est autant tête chercheuse que pensante, et autant le dire tout de suite : sa cible est verrouillée depuis belle lurette et elle a mis le paquet. Allez, review de ce Vegan Order. On va s’éclater !

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RETOUR DE LA MÉSOLOGIE STOLZIENNE AUTOUR « DES ANIMAUX SUR LA TERRE » — OMNE INDIVIDUUM SIT SPECIES INFIMA — NOUVELLE ÉDITION-INTERPRÉTATION(S)

RETOUR DE LA MÉSOLOGIE STOLZIENNE AUTOUR « DES ANIMAUX SUR LA TERRE » —  NOUVELLE ÉDITION

 

“After all, humans do not exist outside of nature, cut off from contact with the animal world.”
p.9 in Zoopolis — Sue Donaldson et Will Kymlicka

 

« L’association d’une certaine entente et de moments partagés en commun peut prendre la forme d’une amitié interspécifique. »
p.88 in Des animaux sur la Terre

 

« Comme il est désormais admis
que la Terre
n’est pas au centre
de l’univers
Il serait bon de reconnaître
que l’homme
n’est pas au centre
de la Terre
[…]
Se décentrer
Se replacer
Entendre la mer
respirer
Les animaux
ne plus hurler »
in Se décentrer, album « Toute latitude » — Dominique A (2018)

 

 

Aisthanomai — percevoir par les sens ou par l’intelligence

 

   Comme l’essai a manifestement eu un joli petit succès — mérité — L’Harmattan et Cédric Stolz ont décidé de rééditer Des animaux sur la Terre dans une nouvelle version quelque peu augmentée qui ravira celles et ceux toujours en quête d’un plus grand savoir pour une plus ample et juste préhension du monde. Ainsi tel l’Odysseus de retour à Ithaque, Stolz a-t-il souhaité revenir avec un propos approfondi de son bel essai dont nous vous parlions en octobre 2017. Comme il l’écrit, il est tout d’abord question de mieux comprendre comment s’institue la réalité du milieu (spatialité) qui évolue historiquement (temporalité)[1]. Constatant combien les humains ne connaissent encore aujourd’hui que très peu leurs voisins de planète, on pourrait détourner à bon compte la phrase d’un des scientifiques et auteurs se trouvant à la base de la philosophie de C. Stolz, quand Jacob von Uexkül dans Milieu animal et milieu humain en 1934 avançait que « La pauvreté du milieu conditionne cependant la certitude de l’activité, et la certitude est plus importante que la richesse » (op cit. p.43, Rivages). Partant, nous sommes certains que même si l’interaction entre les humains et les animaux peut être considérée à l’heure actuelle comme une activité plutôt pauvre, cette dernière ne peut que rejoindre la richesse d’une activité intersubjective forte à venir, propre à protéger tous les individus de toutes espèces pour ce qu’ils sont. Ravir également à un auteur contemporain de Uexküll (et dérangeant la politique de son temps) des mots de 1939 qui sous-tendent l’œuvre philosophique antispéciste et déterminent les fondements d’une pensée éclairée : Tout ce qui est à la base des notions sociologiques, économiques, philosophiques contemporaines doit subir une refonte, une révision complète[2]. Et dans la continuité de nos pairs antispécistes historiques[3], voilà bien ce que se propose de faire Cédric Stolz, pour les animaux sur Terre au sein desquels nous évoluâmes jusqu’aux espiègles journées biocidaires dont nous sommes les témoins effarés.

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AH BEN VOILA ENFIN UN GUIDE QU’IL EST FUTÉ ! — SUR « CRUELTY FREE. LE GUIDE POUR UNE VIE 100% VÉGANE » DE LAURENCE HARANG & CO

UN GUIDE FUTÉ — « CRUELTY FREE. LE GUIDE POUR UNE VIE 100% VÉGANE » DE LAURENCE HARANG & CO

 

 

« Don’t be cruel to a heart that’s true »*
Don’t be cruel, Elvis Presley, 1956

 

« Ce n’est pas une mode, mais un mouvement de contestation qui refuse l’exploitation des animaux. »
p.63 in Cruelty Free, le guide pour une vie 100% végane

 

« Pour le plaisir […] de nourrir la croyance en notre supériorité ontologique. »
Enrique Utria à propos de tuer les animaux, p.42 in « La viande heureuse et les cervelles miséricordieuses » dans Souffrances animales et traditions humaines. Rompre le silence (collectif)

 

 

   Force est de constater qu’à présent se dessine deux clans bien distincts au sein de l’espèce humaine : les véganes et les anti-véganes.
   Si les premiers font tout ce qu’ils peuvent pour promouvoir une éthique de la bienveillance excluant toute forme d’exploitation animale, tâchant de décentrer les hommes de leur anthropocentrisme au bénéfice d’un biocentrisme dont ils sont partie intégrante et où donc leurs intérêts vitaux seraient pris en compte autant que ceux des autres êtres vivants, les seconds, à l’idée qu’on les empêche de manger leur steak ou de suçoter de la pince de crabe, sont bel et bien partis en croisade contre l’animalisme de manière générale, témoin les libres penseurs, les philosophes (eeeh oui… où va le monde ?), les professionnels de toutes sortes rivalisant d’imagination et de mauvaise foi mêlées pour contrer l’avancée de la cause animale et que n’advienne jamais la libération animale. Alors si pléthore de bouquins en faveur du véganisme voient le jour et s’ils disent tous à peu près la même chose, il faut se féliciter de ces initiatives, parce que chacun avec sa touche, son état d’esprit, son style, trouvera, non seulement parmi le public de la véganie mais plus encore chez les non-véganes (qui ne sont pas tous de vrais « anti »), à qui faire savoir ou en faire savoir un peu plus sur les motivations et les enjeux de cette éthique considérable à plus d’un titre. C’est le cas de Cruelty Free, le guide pour une vie 100% végane paru chez Hachette en février. Voici un bel ouvrage à mettre entre de jeunes mains mais pas seulement, à l’initiative de la philosophe Laurence Harang, avec une jolie préface de la multirécidiviste en la matière, nous avons nommée : Brigitte Gothière de L214, qui très justement en dit que c’est un livre « à la fois philosophique et pratique [qui] accompagne la construction d’un monde plus juste. » Un livre qui parle de philo donc, de droit, de cuisine, de non-violence, de l’encyclique du Pape, de sport, de l’Aphelocoma Californica, de l’ALF, d’écotourisme, de cosmétiques, d’éducation, de labels, de… Lire la suite

L’INSOUTENABLE LÉGÈRETE D’ÊTRE LIBRE POUR LES ANIMAUX — BRÈVE PENSÉE D’APRÈS LECTURE DE « LA RÉVOLUTION ANTISPÉCISTE » AUX PUF — SENTIENTISME

L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ D’ÊTRE LIBRE POUR LES ANIMAUX — D’APRÈS LECTURE DE « LA RÉVOLUTION ANTISPÉCISTE » AUX PUF

 

 

« Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. »
p 421 in L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera (Gallimard, 1984)

 

« […] n’aurions-nous pas quelque part un devoir de justice envers ces milliards d’êtres qui peuplent l’univers avec nous ? »
Renan Larue, p.10 in « Introduction » à La Révolution Antispéciste

 

«  Les changements visés ont un coût faible pour la plupart des humains tout en épargnant une somme de malheur considérable aux bêtes […] »
Estiva Reus, ibid., p.250

 

« Antispéciste ne baisse pas les bras !
Quand tu repenses à tous ces sévices… »
« Antispéciste » par Kreezy R, d’après Antisocial de Trust

 

 

 

   Étant donné que l’ouvrage collectif intitulé La Révolution Antipéciste — édité aux Presses Universitaires de France s’il vous plait ! et dirigé par Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier et Pierre Sigler est un recueil de textes choisis parmi les publications des célèbres Cahiers Antispécistes, ne comptez pas sur nous pour vous raconter le bouquin par le détail. Et puis quoi ? Ce n’est pas comme si vous ne saviez pas que le mot de spécisme a été inventé en 1970 par Richard Ryder par analogie avec les termes racisme et sexisme[1]. Pas non plus comme si vous ignoriez que l’Humanisme et l’idée de Nature sont battues en brèche par l’antispécisme[2].
   L’humeur est plus à la confidence, vous toucher deux mots sur comment l’on se sent en ce moment. Après tout, on parle souvent ici de faits et de concepts, parfois de chiffres, on relate des événements, mais il est bien rare qu’on vous décrive ce qu’on ressent et ce que cela nous inspire.

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WELFARISTERIES — « LETTRES DES ANIMAUX À CEUX QUI LES PRENNENT POUR DES BÊTES » D’ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG — NON MAIS ALLAIN QUOI ?!

« LETTRES DES ANIMAUX À CEUX QUI LES PRENNENT POUR DES BÊTES » D’ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG — NON MAIS ALLAIN QUOI ?!

 

 

« Ce rendez-vous raté de l’histoire reste à susciter […] »
sur l’idée de libération sociale des années 70, p.12, in Lettres des animaux…

 

 

« La maîtresse parla du XVe siècle et particulièrement du roi Louis XI, un roi très cruel qui avait l’habitude d’enfermer ses ennemis dans des cages de fer. « Heureusement, dit-elle, les temps ont changé et à notre époque il ne peut plus être question d’enfermer quelqu’un dans une cage. »
À peine la maîtresse venait-elle de prononcer ces mots que la petite poule blanche, se dressant à son perchoir, demandait la parole.
   — On voit bien, dit-elle, que vous n’êtes pas au courant de ce qui se passe dans le pays. La vérité c’est que rien n’a changé depuis le XVe siècle. Moi qui vous parle, j’ai vu bien souvent des malheureuses poules enfermées dans des cages et c’est une habitude qui n’est pas près de finir. »
p.144 in « Le problème », Les contes du chat perché — Marcel Aymé (Folio)

 

 

 

   « Pourquoi moi suis devenu-e végane ? » Voilà une question qu’on se pose fréquemment. Quand on voit qu’une majorité des gens informés sur la maltraitance animale ne franchissent même pas le pas du végétarisme, cette question nous taraude. Alors oui bien sûr, la peur de se couper des autres…, la peur de l’abandon d’une tradition culinaire carnée…, la fainéantise…, … oui mais quand on voit que dernièrement une personnalité comme Nabilla — crétine notoire aux yeux d’une bonne partie de la population (même si personnellement on a toujours eu des doutes sur sa stupidité au vu de la façon dont cette fille mène sa petite entreprise) — semble avoir compris, on retourne à notre question initiale : « Pourquoi ? ».
   Pourquoi avons-nous franchi le pas ? Pourquoi avons-nous été d’avantage poreux à cette souffrance ? D’où vient cette graine qui a germée en nous — même si, c’est vrai hélas, assez tardivement ?
   Alors on se repasse le film de notre jeunesse, nous les enfants des années 80. Et on se rappelle que, quand même, on nous a préparé à l’antisystème, on nous a nourris au bon grain de l’écologie avec des dessins animés comme Watoo Watoo,Bibi Phoque ou Nuclea 3000, on nous a appris à nous méfier du consumérisme capitaliste avec Les mondes engloutis ; on chantait Renaud, Balavoine (surtout K.) et dansait sur Johnny Clegg et Savuka (qui n’a pas essayé de monter sa jambe jusqu’à sa tête en risquant un claquage des ischios-jambiers ?), on arborait notre badge Touche pas à mon pote, on plantait des arbres avec Pif Gadget et puis pour la sensibilité aux animaux, il y avait les images du chocolat Merveilles du monde, et puis surtout on peut remercier Allain Bougrain-Dubourg, un précurseur. Oui mais… plus maintenant.

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AMOR MUNDI — SUR « ÉTHIQUE DE LA CONSIDÉRATION » DE CORINE PELLUCHON — UN CONTREPOISON À L’ANTHROPOCENTRISME BIOCIDAIRE

« ÉTHIQUE DE LA CONSIDÉRATION » DE CORINE PELLUCHON — CONTREPOISON À L’ANTHROPOCENTRISME BIOCIDAIRE

 

 

« « L’être pour les créatures vivantes est la Vie », et l’être à jamais (άεί έναι), correspond à l’άεγενές, à la procréation. »
Hannah Arendt d’après Aristote in La crise de la culture, p.59, Folio essais

 

 

« La cause animale est aussi la cause de l’humanité, parce que ce qui est en jeu dans la maltraitance animale c’est aussi notre rapport à nous-mêmes. »
p.16 in Éthique de la considération

 

 

« Omnis homo est animal, hoc ipsum volo, homines inter animalia esse quaerendos, seu qui non sit animal nec hominem esse. »
G. W. Leibniz — Opuscules et fragments inédits

 

 

« The practices we now call conservation are, to large extent, local alleviations of biotic pain. »
pp.195-196 in A Sand County Almanach (Oxford University Press)

 

 

   Le dernier essai de la philosophe Corine Pelluchon s’avère à la fois être le noyau magmatique — fusionnel — et l’exopshère de son opus magnum précédent, savoir : Éléments pour une éthique de la vulnérabilité, L’autonomie brisée et Les nourritures, et dans la continuation de son travail d’élucidation éthicienne, philosophique et biopolitique autour de toute corporéité, donc des vivants sujets que sont les humains et les non humains dans ce qu’il convient bien d’appeler une ontologie libérale du souci (care et Sorge), quelque chose de l’ordre de l’herméneutique de la Vie — entendez par là : d’une juste lecture de la présence au monde faite chair, (de) ce que partagent tous les étant-vivants dans la communauté biotique. Bien aussi est-ce un prolongement, un développement, un approfondissement transsomptif de son introduction à Zoopolis de S. Donaldson et Will Kymlicka et son Manifeste animaliste où le mystère du monde et de son être-en-vie descend s’incarner dans le vivre-ensemble aussi bien rationnel qu’émotionnel. De ce que rarement l’humanité peut produire de plus extatique.

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