VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VI)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

 

      9) Le langage et ses mensonges, acmé du biopouvoir humain : (suite)
   C’est une réalité. Le langage a ce potentiel de formater la pensée. Et pourtant comment se passer de celui-ci ? Comment dissocier ce que nous pensons de ce que nous en pensons — en termes de langage ? Ou dit autrement : comment sortir de l’ornière ou de la caverne, cette réflexivité que constitue ce double appareil : pensée et langage, où la pensée pense en langage les pensées qu’il lui permet de dire ?

Lire la suite

ESPÈCE D’OGRES — SUR LA VORACITÉ SANS LIMITE DES HUMAINS ÉTUDIÉE DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » PAR FLORENCE BURGAT

ESPÈCE D’OGRES — LA VORACITÉ DES HUMAINS DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » — FLORENCE BURGAT

 

« Le carnisme ressemble fort en effet à une métaphysique qui ne dit pas son nom et qui s’ignore elle-même, une métaphysique selon laquelle l’espèce humaine est la fin de toutes choses, le centre et le sommet de la Création. »
Renan Larue, Le végétarisme et ses ennemis, pp.10-11

 

« La malnutrition dans le tiers monde est due en grande partie à la régression du cannibalisme. »
Samuel Burler (1835-1902)

 

« L’économie cannibale ne perd jamais rien de ce qui accable les hommes.
Elle fait profit de tout. »
Oscar Wilde (1854-1900)

 

florence-burgat                                                                                                                                Sur le Larousse en ligne on trouve comme définition de la voracité, qu’elle peut être une avidité à manger, à satisfaire un besoin (et de donner comme exemple « la voracité des loups » […]), ou bien encore qu’elle est l’avidité à satisfaire un besoin, à gagner de l’argent, personne n’étant cité en exemple alors qu’il n’en manque pas… les animaux ayant ce privilège d’être indéterminés et montrés du doigt.
   Opposé à la docilité des animaux que les humains s’arrogent le droit de manipuler et de consommer massivement (on mange volontiers les plus inoffensifs d’entre eux — les herbivores —, du moins dans le modèle occidental qui tend à l’uniformisation planétaire [globalisation]), la voracité chez l’être humain est l’expression d’une insatiabilité dont il est difficile de comprendre les ressorts.

Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE V)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

 

   8) Domos —  l’impossible solipsisme :
   Dans Les Diplomates de Baptiste Morizot, notre fil conducteur dans cette véganosophia, ce dernier met bien en évidence l’impossibilité factuelle qu’il y a à passer un contrat avec les animaux. C’est d’ailleurs ce même fait qui fait dire à Corine Pelluchon dans son Manifeste Animaliste qu’elle n’attend pas que nous octroyions le statut de « citoyens » aux animaux mais qu’on respecte leurs droits en tant qu’êtres individués, en tant qu’ils sont des subjectivités qui ont leurs intérêts propres à vivre, tout comme nous. On a dit ici et notre désaccord sur la question de la citoyenneté. En effet, si l’on s’en réfère à la définition en ligne du Larousse, la citoyenneté est ceci : « Situation positive créée par la pleine reconnaissance aux personnes de leur statut de citoyen. (Le citoyen dispose, dans une communauté politique donnée, de tous ses droits civils et politiques.) » La question de la mise en application d’une zoopolitique animaliste n’empêche pas — malgré leur incapacité à formuler en eux-mêmes le concept de la citoyenneté — qu’on leur accorde a minima la « concitoyenneté » en vertu que les animaux partage l’unique habitat connu à ce jour que nous partageons avec eux, savoir : la planète Terre. Lire la suite

« STEAK MACHINE » — GET UP — GET ON UP — STAY ON OBSCENE… — GEOFFREY LE GUILCHER

« STEAK MACHINE » — GEOFFREY LE GUILCHER

 

« Plus on nous fait travailler, plus on se sent de la merde,
plus on se sent de la merde, plus on se laisse écraser. »
[…]
« Aujourd’hui on est considéré pour rien socialement
quand on ne travaille pas, même vis-à-vis des gens qu’on connaît. »
Le quai de Ouistreham — Florence Aubenas, 2010

 

steak-machine                                                                                                                                                                                                      Était-il vraiment bien la peine qu’on vous parle de Steak Machine ? Non mais vous avez vu ce battage médiatique ?! À coup sûr super publicité garantie pour cette toute jeune maison d’édition, les éditions Goutte d’Or. Les animaux ça se mange encore paraît-il — on essaie d’oublier notre ogresque passé — mais quand bien même que non ça fait vendre.
   Et le journaliste auteur de ce fulgurant succès de librairie, Geoffrey Le Guilcher, intimidé et très attiré par l’idée de son éditrice, d’écrire une sorte de « Eureka » à la pointe de l’actu : « Le voilà mon sujet. Allons voir si ces usines à viandes ont enfanté des hommes-monstres. » (op. cit., p.10)

Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE IV)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   6) La voie éthique de la phronésis :
   Le moins qu’on puisse dire, c’est que les idéaux éthiques ont la vie dure. Leur voie n’est pas toute tracée ; loin de là. D’autant qu’il faudra dire explicitement s’il s’agit ici d’idéaux réductibles à un idéal majeur.
   Cet idéal, peut-être pourrions-nous commencer par le décrire en tant qu’axiologie. L’axiologie doit pouvoir définir les valeurs, et tirer des valorisations une morale, voir une éthique. Lire la suite

LES HUMAINS MIS À NU — « ANIMAUX » D’EEVA MELTIO — COUP DE CŒUR

LES HUMAINS MIS À NU — « ANIMAUX » D’EEVA MELTIO

 

 

« Un homme doit tenir sa parole et un taureau conserver ses cornes. »
Proverbe finlandais

 

 

   Derrière chaque livre se cache un-e auteur-e, mais il ne faut pas oublier qu’il y a également une maison d’édition. Ce qui est particulièrement intéressant avec les petites maisons d’édition, c’est qu’elles ont souvent une ligne directrice plus marquée, relevant d’un choix éditorial assumé et parfois même, à côté de l’art, politique. C’est le cas des éditions Cambourakis dont on vous avait déjà parlé avec le superbe roman de William Kotzwinkle Docteur Rat.

cambourakis

Cambourakis propose des ouvrages de littérature, de bande dessinée et des livres pour la jeunesse, de qualité, de belle facture, engagés et sortant souvent des sentiers battus. Pour preuve leur Collection Sorcières, entièrement consacrée à la publication de textes militants et féministes. Pour les lecteurs et véganes que nous sommes — et vous autres aussi — il y a de quoi y trouver son compte.
    Viens de paraître chez Cambourakis un petit livre de bande dessinée pas ordinaire. Dès la couverture on est intrigué, et le titre… comment dire, bah vous l’ouvrez le livre n’est-ce pas ? C’est Animaux le livre !animaux-eeva-meltio

Lire la suite

AIMER LA VIE… ET CELLES DES AUTRES — MONOLOGUE INTÉRIEUR APRÈS LECTURE DE EDWARD O. WILSON — À LA CHOUETTE ENDORMIE

MONOLOGUE INTÉRIEUR APRÈS LECTURE DE EDWARD O. WILSON — À LA CHOUETTE ENDORMIE

 

 

« Nous récusons la violence crue généralisée que le système actuel fait subir à tous les êtres sensibles, humains et animaux. »
Jean-Luc Mélenchon in L’Avenir en Commun, 2016

 

« L’humanité est rehaussée non parce que nous sommes situés très haut au-dessus des autres créatures vivantes, mais parce que bien les connaître élève le concept même de la vie. »
Edward Osborne Wilson in Biophilie, 1984

 

« Origine de l’Homme désormais prouvée. La métaphysique doit désormais s’épanouir. Qui comprend le babouin fera mieux pour la métaphysique que Locke. »
Charles Darwin, Carnet M de 1838

 

 

   Je repense à l’autre matin où, jouxtant un rail du quai d’en face du RER, nous avons aperçu presque en même temps le corps d’un animal. D’abord sa couleur marron, un beau marron forestier, puis des nuances et des formes, des plumes et, posée sur les cailloux gris une tête carrée aux yeux définitivement clos : ceux d’une chouette. Nous sommes en 2017 et les animaux meurent tous les jours massivement du fait des infrastructures humaines.
   Ce que nous avons ressenti, c’est ce qu’Edward Osborne Wilson appelle du joli nom de « biophilie ». Mais il était trop tard pour aimer vivante cette magnifique créature pour laquelle nous avons éprouvé de la tristesse. Quitte à mourir puisqu’il le faut, ça n’était pas un endroit convenable pour elle.

Lire la suite