ARTICLE VIDEO#2 — ÉRIC BARATAY OU LES ANIMAUX SANS BARATIN — « BIOGRAPHIES ANIMALES »

ÉRIC BARATAY OU LES ANIMAUX SANS BARATIN — D’APRÈS « BIOGRAPHIES ANIMALES » AUX ÉDITIONS DU SEUIL

 

 

« Il est temps de partir à la recherche des individus et d’écrire leurs vies. »
p.12 in Biographies Animales

 

 

   On aurait tort, dès lors qu’on est intéressé par la vie des animaux, de passer à côté du travail passionnant de l’historien Éric Baratay.
   Jusqu’ici l’on avait pu, par exemple, se pencher sur ses essais comme Bêtes des tranchées, Le Point de vue animal, ou L’Église et L’Animal entre autres, qui offrent déjà de penser les altérités et les individualités animales d’une toute autre manière qu’avec la désinvolture générale avec laquelle on les traitait habituellement, telles des objets de dernier plan dans l’Histoire humaine.
   Récemment, est paru Biographies Animales, le dernier ouvrage d’Éric Baratay. C’est au travers de ces biographies d’animaux ayant vraiment vécu que l’auteur nous propose d’aller encore plus loin dans notre compréhension de ces oubliés de l’Histoire. Ainsi, ces biographies qui ont été commencées lors de l’écriture du Point de vue Animal — alors refusées par l’éditeur puis acceptées aujourd’hui, signe que les temps changent — sont-elles à l’heure actuelle le travail poussé le plus loin réalisé par Baratay, au-delà des véritables histoires animales racontées même avec empathie mais du point de vue à sens unique de l’Homme, en nous mettant à la place de l’animal comme jamais auparavant.

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« LES ANIMAUX NE SONT PAS COMESTIBLES », C’EST VRAI — LETTRE OUVERTE ET AFFRANCHIE À MARTIN PAGE

« LES ANIMAUX NE SONT PAS COMESTIBLES » — MARTIN PAGE

 

« C’est assez terrible d’aimer les bêtes. Lorsque vous voyez dans un chien un être humain, vous ne pouvez pas vous empêcher de voir un chien dans l’homme et l’aimer. »
Romain Gary — Chien blanc — 1970

 

« Le véganisme est un mouvement politique, et un art de vivre,
de laisser vivre et de vivre avec. […] Nous avons rendu les animaux utiles aux hommes, et nous n’avons pas vu qu’ils pouvaient nous enseigner à être libres. »
p.13 in Les animaux ne sont pas comestibles

 

« Quand on la mange, habituellement on ne perd même pas la plus petite pensée pour les animaux qui la composent. La saucisse de viande donne l’impression qu’elle n’est même pas fabriquée avec des animaux ou des restes d’animaux. »
pp.212-213 in Pourquoi le monde n’existe pas — Markus Gabriel
      Cher Martin[1],
   On ne se connaît pas et pourtant nous avons beaucoup de points en commun, ton couple et le nôtre. Le premier c’est le véganisme, ou bien une immense affection pour la littérature… bon ; disons qu’étant venus à la cause animale par les livres nous nous sentons proches de votre manière de penser et de vivre la cause de la libération des animaux. Par un heureux concours de circonstances professionnelles, il se trouve que nous avons lu ton dernier ouvrage un peu en avance sur le public, et comme nous avons le clavier bavard, s’en est suivi l’envie de t’écrire.

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VIII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   11) « Éthique de la prédation » — un problème soluble ?
   Il est possible que des problèmes qui surviennent à l’esprit humain ne puissent pas être solutionnés. À moins que d’emblée la question problématique soit mal posée. Il est parfois difficile de savoir si les termes selon lesquels on s’interroge sont les bons pour aller de l’avant. On peut toujours dès lors, selon la façon dont on doute et ce sur quoi l’on hésite, essayer de reformuler tout ou partie du questionnement. Ce qui nous préoccupe depuis le début de cette véganosophia, c’est s’il convient de passer avec les animaux un contrat moral défini par la Loi, un « contrat naturel » comme l’appela un peu hors notre de propos à l’époque Michel Serres en 1990, et surtout si, contrat ou non — finalement, il faut intervenir dans la vie des êtres de la Nature comme le prescrit l’éthique antispéciste attachée à délivrer tout individu de la souffrance pour lui permettre d’investir pleinement sa finalité propre. Pas si simple de répondre, au-delà même des clivages instinctifs qui sépareront disons, pour faire simple, les abolitionnistes « ultra » et les antispécistes enclins à « l’aménagement ». Si essayer est mieux que rien, et que « le mieux est l’ennemi du bien » comme le laisse entendre à la suite de Montesquieu Thomas Lepeltier, partisan pragmatique de l’interventionnisme, on accordera à David Olivier ou Baptiste Morizot que, monde de causes et d’effets oblige, rien n’a lieu sans conséquences, lesquelles étant presque aussi imprédictibles que les particules quantiques, l’action suppose une bonne préparation… est-on seulement jamais assez préparé ?

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PLUS ON EN APPREND SUR LES ANIMAUX PLUS ON DEVIENT INTELLIGENT — « L’INTELLIGENCE ANIMALE. CERVELLES D’OISEAUX ET MÉMOIRE D’ÉLÉPHANTS » D’EMMANUELLE POUYDEBAT — MAELSTRÖM DU VIVANT

« L’INTELLIGENCE ANIMALE. CERVELLES D’OISEAUX ET MÉMOIRE D’ÉLÉPHANTS » D’EMMANUELLE POUYDEBAT — MAELSTRÖM DU VIVANT

 

« L’évolution est événementielle. C’est l’événement qui fait l’évolution et l’événement – en l’occurrence la circonstance – fait la transformation. »
Yves Coppens

 

« La question des disparités et des points communs entre les humains et les autres animaux ne me quitte plus. »
Emmanuelle Pouydebat, pp19-20 in L’intelligence animale…

 

« La prochaine grande étape de l’évolution humaine est le véganisme. »
Nous

 

intelligence-animale-emmanuelle-pouydebat    C’est l’histoire d’une fillette qui ayant vu à la télévision Yves Coppens parler de notre ancêtre l’australopithèque Lucy, s’est pris de passion pour les origines de l’Homme, et qui au cours de ses études et de ses recherches, s’est spécialisée dans l’étude de l’intelligence animale. À tel point que, bien qu’en désaccord avec certaines de ses théories, l’auteure de L’intelligence animale. Cervelles d’oiseaux et mémoire d’éléphants est parvenu à convaincre le célèbre paléontologue et paléoanthropologue d’être son directeur de thèse.

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

 

   10) Écotechnie — homo magna predator :
   N’oublions pas que nous avons débuté « Contrat naturel et interventionnisme » avec une critique de la mythographie de la conception traditionnelle agroalimentaire, et non pas uniquement agricole. Ou alors, peut-être pourrions-nous parler d’agri-culture au sens où la pensée issue de la tradition — pleine de nostalgie quant à un passé rustique et en « harmonie avec la Nature » — défend bec et ongles, comme dit l’expression spéciste mais très imagée, la conservation et la continuation d’une agriculture dite extensive avec des éleveurs, des bergers et autres bons samaritains des bêtes respectant leur « bien-être », autrement dit : bien nourris (sélectionnés, engraissés, gavés) pour être bien mangés. Il s’agit bien, donc, d’une certaine culture avec une conception bien particulière d’une « Nature » dont les êtres sont pourtant et depuis belle lurette dénaturés.

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VI)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

 

      9) Le langage et ses mensonges, acmé du biopouvoir humain : (suite)
   C’est une réalité. Le langage a ce potentiel de formater la pensée. Et pourtant comment se passer de celui-ci ? Comment dissocier ce que nous pensons de ce que nous en pensons — en termes de langage ? Ou dit autrement : comment sortir de l’ornière ou de la caverne, cette réflexivité que constitue ce double appareil : pensée et langage, où la pensée pense en langage les pensées qu’il lui permet de dire ?

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ESPÈCE D’OGRES — SUR LA VORACITÉ SANS LIMITE DES HUMAINS ÉTUDIÉE DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » PAR FLORENCE BURGAT

ESPÈCE D’OGRES — LA VORACITÉ DES HUMAINS DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » — FLORENCE BURGAT

 

« Le carnisme ressemble fort en effet à une métaphysique qui ne dit pas son nom et qui s’ignore elle-même, une métaphysique selon laquelle l’espèce humaine est la fin de toutes choses, le centre et le sommet de la Création. »
Renan Larue, Le végétarisme et ses ennemis, pp.10-11

 

« La malnutrition dans le tiers monde est due en grande partie à la régression du cannibalisme. »
Samuel Burler (1835-1902)

 

« L’économie cannibale ne perd jamais rien de ce qui accable les hommes.
Elle fait profit de tout. »
Oscar Wilde (1854-1900)

 

florence-burgat                                                                                                                                Sur le Larousse en ligne on trouve comme définition de la voracité, qu’elle peut être une avidité à manger, à satisfaire un besoin (et de donner comme exemple « la voracité des loups » […]), ou bien encore qu’elle est l’avidité à satisfaire un besoin, à gagner de l’argent, personne n’étant cité en exemple alors qu’il n’en manque pas… les animaux ayant ce privilège d’être indéterminés et montrés du doigt.
   Opposé à la docilité des animaux que les humains s’arrogent le droit de manipuler et de consommer massivement (on mange volontiers les plus inoffensifs d’entre eux — les herbivores —, du moins dans le modèle occidental qui tend à l’uniformisation planétaire [globalisation]), la voracité chez l’être humain est l’expression d’une insatiabilité dont il est difficile de comprendre les ressorts.

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