VENTOUX ROUGE 2018 — NAT & SENS

   Tout le monde connait Super U, qui sont de nouveaux commerçants depuis plusieurs décennies ! Ah !
   Bref ; dans les magasins de la chaîne on trouve actuellement ce Ventoux de 2018 qui se déclare fièrement végane et pour environ 6€ ça valait le coup de vous le signaler. Le Ventoux est un vin AOC qui a ses origines dans l’Antiquité. Le grenache noir est le cépage principal dans la composition du Ventoux rouge ou rosé, mais il est aussi composé en général de cinsault, de syrah, de mourdèvre et de carignan.
   Pour vos dégustations, le Ventoux se mariera très bien avec des plats de type carbonade. On vous donnera peut-être plus d’idées avant Noël si vous êtes sages…
K&M

VERDAMOR ROUGE — MONASTRELL & PETIT VERDOT — 2019

   C’est chez La Vie Saine que vous pourrez trouver ce vin espagnol, le Verdamor, à moins de 8€. Les étiquettes sont sublimes, les vins sont « veganos » et les mélanges de cépages originaux. Ici le monastrell qui tire son nom d’une étymologie proche de « monastère » et aurait donc été développé par des moines, est associé au petit verdot, un cépage longtemps délaissé pour sa maturité tardive et qui connait un regain d’intérêt depuis les années 1980, notamment au Portugal, en Californie ou en Argentine.
K&M

 

SAUVIGNON BLANC — CUVÉE PLAISIR — VINO DE LA TIERRA DE CASTILLA (2019)

   Toujours chez La Vie Saine (voir notre article précédent), nous avons déniché un autre vin bio et VEGAN !!! youpi ! en ce moment on est en veine pour le pinard végane, le hic c’est qu’on risque de devenir plus saoul-e-s que des chasseurs ! Ah ! Spéciale dédicace à Kreezy R, >>> <<<
   Il s’agit d’un sauvignon blanc d’origine espagnole, c’est un cépage jeune qui vous fera sentir des arômes de buis, de genêt, de bourgeon de cassis ou de pamplemousse, tout ça et bien d’autres subtilités. Son potentiel de garde étant en moyenne de 5 années, vous voyez qu’on a le temps et qu’on ne roulera pas tout de suite sous la table.
   Salud !
K&M

VERDAMOR — AIRÉN & MACABEO — BLANC 2019

   Est-ce que vous connaissez les magasins bio La Vie Saine ? Non ?! Eh bien avant ça s’appelait Écologia Bio, si nos souvenirs sont bons… et c’est là que nous avons trouvé (à Chennevières dans le 94) ce vin blanc espagnol à moins de 8€. Il s’agit d’un mélange des cépages Airain et Macabeu, typiques des vins de cuve ou de table espagnols. C’est un vin qui n’aura pas vraiment de garde et qu’on pourra boire dans l’année.
   Pour trouver le magasin près de chez vous s’il y en a : La Vie Saine.
   Bonne dégustation.
K&M

« HABITER LE TROUBLE AVEC DONNA HARAWAY (COLLECTIF) » — UNE LECTURE DE L’INCERTITUDE DE PRINCIPE COMME ALIBI À L’INACTION

« HABITER LE TROUBLE AVEC DONNA HARAWAY (COLLECTIF) » — DE L’INCERTITUDE À L’INACTION

 

 

« Nous ne pouvons fonctionner en tant qu’acteurs humains que si nous avons une idée de là où nous devons aller et de ce qui constitue une vie bonne et riche de sens. »
(Charles Taylor) cité p.69 in Aliénation et accélération, Harmut Rosa

 

 

« Les humains ont envahi le monde, construit des routes, abattu des forêts, massacré les autres bêtes. Bientôt nous les verrons aussi prendre possession de nos falaises avec leurs fusils et leurs visages pâles. Ils se sont approprié l’une après l’autre toutes ces choses qui rendaient ce monde agréable, et ils ne s’arrêtent jamais, ils courent, ils courent sans cesse de-ci de-là, on pourrait croire qu’ils se sentent poursuivis. Qui peut savoir pourquoi ils s’acharnent à tant courir ? Comme s’ils cherchaient à ne pas se laisser rejoindre par la mort. »
pp.126-127 in « Les aigles » dans Bestiaire magique, Dino Buzzati (1951)

 

 

« La Terre est pleine de réfugiés sans refuges, humains ou pas. »
(Donna Haraway) citée p.55 in « Des cyborgs au Chtulucène », Florence Caeymaex

 

 

 

   La première fois que nous avons entendu parler de Donna Haraway, c’était en juin 2015 par le philosophe Patrick Llored lors qu’une journée organisée par Lucille Peget. L’enseignant, en fidèle derridien, avait alors vanté le travail de déconstruction intellectuelle et pratique (entre exis et praxis) mis en œuvre, dans tous les sens du terme, par Donna Haraway. Pour lui, l’éthique développée par la biologiste se situait sur un autre plan que le seul antispécisme, Haraway posant des questions primordiales sur le propre de l’humain et à même de destituer ce dernier du piédestal qu’il s’est jusqu’ici fabriqué et consacré. Ce que nous avons en commun avec les animaux, dans la zoo-socio-philosophie d’Haraway, doit nous amener à nous recentrer sur ce qui accorde au monde la diversité, de la même façon que le concept « SF » de cyborg aura pu ravir au machisme une pensée pour l’autre-[qu’]humain dans l’espace et le temps et éclairer d’une manière nouvelle la pensée féministe des années 1980. On notait à peu près à la même époque  (2015) ce que le philosophe écrivait de Donna Haraway dans un texte publié dans la revue Histoire de la recherche contemporaine (tome IV, p.53, 2015), comme quoi cette autrice déplace toute la réflexion par le biais d’une hétéronomie radicale qui subvertit l’opposition métaphysique qui guide encore en profondeur notre concept de l’animalité (nature ≠ culture). Il semble assez évident que Donna Haraway produit quelque chose de majeur propre à déstabiliser les intelligentsias (même celles ayant, comme chez Paul Ariès, l’air d’être en marge des habitus les plus ancrés), et qu’une partie du milieu universitaire, de par le monde, salue Haraway et son « travail » tel un futur antérieur (et) présentifié. Ainsi de Aurélie Choné et Catherine Repussard dans la revue des Recherches germaniques (hors-série n°10, 2015) pour qui Within the scholarly field of Human-Animal-Studies, it is probably Donna Haraway who is the most influential advocate of a posthumanist stance (p.89). Un post-humanisme qui ne cherche pas à tout crin à technologiser le monde et ses êtres, mais bien plutôt à se réinventer humain-e-s (voire : humanimales). Si les idées de départ et ensuite, chez Haraway, sont toujours séduisantes, nous voulons ici dire pourquoi, quant à la question animale qui nous intéresse, elles nous paraissent dans l’accueil et le traitement réflexif et pratico-pratique qui en sont faits par ses épigones (de Isabelle Stengers à Vinciane Despret et tout un courant de penseur-ses passionant-e-s par ailleurs), tout à fait inadéquates et sans conséquences positives — donc assez consensuelles et conservatrices, et inutiles — pour la cause des animaux. Nous sommes certain-e-s d’avoir été trouble-é-s certes, mais pas pour les bonnes raisons.

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