UN ESSAI DE REFONDATION POLITIQUE EN PHILOSOPHIE ANIMALE — LECTURE DE « UNE ÉTHIQUE ANIMALE POUR LE XXIe SIÈCLE » DE PATRICK LLORED — SUBLIME ZOOANTHROPOÉTHIQUE

UN ESSAI DE REFONDATION POLITIQUE EN PHILOSOPHIE ANIMALE — LECTURE DE « UNE ÉTHIQUE ANIMALE POUR LE XXIe SIÈCLE » DE PATRICK LLORED

 

« Toute rencontre avec l’animal encore plus qu’avec les humains est surgissement de sa vie dans la nôtre, […] »
p.45 in Mort d’un cheval dans les bras de sa mère, Jane Sautière (2018)

 

« […] mais la loi interdisait aux animaux, même dotés du statut de sous-être, d’aller se faire soigner dans un hôpital humain. Quand les sous-êtres tombaient malades, l’Instrumentalité se chargeait d’eux — dans des abattoirs. Il était plus facile de créer de nouveaux sous-êtres que de redonner la santé aux mal-portants. En outre, l’ambiance prévenante et attentive de l’hôpital aurait pu leur donner des idées : celle, par exemple, qu’ils étaient des personnes véritables […] »
p.435 in Les Seigneurs de l’Instrumentalité, Cordwainer Smith

 

« Le véritable amour de la nature, […], consiste en ce que la nature est aimée pour elle-même, c’est-à-dire précisément pour ceux de ses côtés qui n’ont rien d’humain. »
p.299 in Nature et formes de la sympathie, Max Scheller (1923)

 

 

 

 
Pour le bien de tout vivant !
 
     Dans son livre Ce que les bêtes nous apprennent de la politique, Brian Massumi écrit que […] la vie vit sa propre abstraction — le moindre de ses gestes étant une spéculation pragmatique sur la nature en train de se faire[1]. C’est cette abstraction qui fabrique a fortiori comme a posteriori une communauté de destin du vivant et à plus forte raison lorsque ce phénomène est incarné par un sujet[2] (un animal) et s’éprouve de quelque façon que ce soit au contact du monde, autrement dit contre les autres du monde, en s’appuyant sur eux autant qu’en devant parfois chercher à les éviter. Il s’agit plus en réalité d’un devenir par destination que par nature, puisque tout est dû au hasard et n’est jamais prémédité, à l’exception de l’entrée en jeu de la politique (pólis, πόλις) — la communauté de citoyens (humains jusqu’à présent) libres et autonomes formant une structure sociale capable de formuler par avance, c’est-à-dire de répondre à un désir commun de vivre, pour la construire ensemble, la cité idéale offrant à chacun la possibilité de s’émanciper et de s’épanouir en s’enrichissant auprès des autres et réciproquement. C’est en tout cas, des Antiques aux Lumières jusqu’à nos démocraties contemporaines, pour ce qu’elles parviennent à valoir, le projet que toutes les sociétés ont mené à leur manière avec plus ou moins de succès. Cette construction toujours à parfaire doit de toute évidence sa longévité, si l’on exclue de notre propos les injustices entre les humains, à la domination et à l’exploitation de sous-êtres auxquels on aura soutiré le plus souvent d’abord leur force vitale puis carrément leur propre vie. C’est donc contre les intérêts à vivre de ces sous-êtres que sont les animaux sous l’égide humaine, que nous humains sommes parvenus à maintenir les nôtres jusqu’à présent. Cela dit les temps changent et s’immisce peu à peu dans les consciences et dans le champ politique (politikos), l’idée que les animaux ne sont pas des choses dont on peut disposer, mais des êtres à part entière qui participent, plus prou que peu, à l’équilibre précaire de cette pragmatique spéculation qu’est cette abstraction pure : la vie. Cette vie qu’on voit disparaître par pans entiers à cause de notre industrieuse action sur le monde, au risque d’en pâtir nous-mêmes[3].

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KAIROS 2.0 — LETTRE À CORINE PELLUCHON. « LES LUMIÈRES À L’ÂGE DU VIVANT »

LETTRE À CORINE PELLUCHON. « LES LUMIÈRES À L’ÂGE DU VIVANT »

 

« Cette petite aventure
Va tourner en déconfiture
Éclaire-moi
[…]
Cherche un peu de lumière
Tout s’éclaire »
Axel Bauer — « Eteins la lumière » in album Sentinelles (1990)

 

« J’ai réalisé un saut éthique qui m’a non seulement réconforté l’âme mais consolidé dans mes réflexions sur la nature du pouvoir. »
p.123 in Tu m’as donné de la crasse et j’en ai fait de l’or — Pacôme Thiellement (2019)

 

« L’être est donné en tant que co-existence et dans la communauté ontologique avec d’autres êtres vivants il n’y a pas seulement des bêtes humaines objectivantes, mais tous les êtres pour lesquels l’expérience du monde (disjonction entre Welt et Umwelt annulée) existe. »
p.100 in Animalité — Jan-Ivar Lindén (2011)

 

 

 

omnes superluitates comburit
nullum animal ad usum sui rude est
 

 

     Chère Corine Pelluchon,
    Que raison garder serait d’aller toujours à l’essentiel. Non pas que l’essentiel soit identique pour tous chaque fois, toutefois entre la contingence et la nécessité, doit-on pouvoir — collectivement — pour le bien-commun, faire les choix qui nous éclairent, nous rassemblent sous le soleil de la vie, autrement dit faire œuvre de civilisation vraiment : développer un nouveau kairos : celui du bon acte au bon moment — il serait temps…
   C’est ce que se propose de nous aider à penser votre dernier essai philosophique paru au Seuil le 7 janvier dernier ; opus magnum s’il en est qui vient à la fois, dirait-on, couronner vos travaux précédents et, dans cette forme de clôture d’un long cycle (dé)constructif, prend à la fois la forme d’une ouverture vers des possibles non encore réalisés dont nous ferions bien de saisir les opportunités encore à porter de main avant que ces horizons ne se ferment, eux, peut-être définitivement.  Lire la suite

LETTRE AU MONDE — MEILLEURS VŒUX 2021

     Cher-e-s tou-te-s,
   Le maître-mot de l’année qui vient de s’achever c’est : Zoonose(s). Car il ne faut pas se leurrer. Le coronavirus n’est qu’un phénomène très visible d’une réalité que l’ensemble de notre civilisation continue d’ignorer sciemment : celle de l’exploitation animale à tous les niveaux. Il est bon de rappeler que toutes les maladies humaines sont apparues avec « l’invention » de l’élevage. Qu’est-ce qui a décimé les peuples d’Amérique Centrale après l’arrivée de Christophe Colomb plus que l’épée et le mousquet ? Les maladies qu’on avait en Europe et emmenées avec soi à bord des navires. Les améridien-ne-s n’y étaient pas immunisé-e-s. Eh oui : ils chassaient ponctuellement […], mais ne connaissaient pas la promiscuité de la domestication des animaux. La CoVid ? Une opportunité de réflexion collective qui n’a pas eu lieu, tellement il est plus simple d’élaborer des théories stupides du complot, …d’avoir des pensées magiques et suivre des gourous,  de continuer à consommer de la chair animale, du foie gras aux fêtes, et de s’en torcher le cul avec du papier toilette (si on avait été le plus rapide dans les rayons du supermarché)…
   Pour le coup, 2020 aura été une année noire pour l’éthique animale, puisque confiné-e-s, nous n’avons pas pu faire de marches, de conférences, le travail des associations a été rendu très difficile, ce fut une perte de temps énorme par rapport au trop peu que l’on parvenait déjà à faire pour les animaux. Aux ennemi-e-s de la cause animale, sachez qu’on n’oublie pas la cause humaine et qu’on sait tout le malheur pour des millions d’entre-nous ayant découlé de cette « crise ».  Et l’on compatit.
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TOFU EN PAPILLOTE DE CHOU ET SA SAUCE CRÉMEUSE À LA MOUTARDE

 

 
INGRÉDIENTS (POUR 4 PERSONNES):
Pour les papillotes :
– 400 g de tofu nature (bien ferme)
– 1 petit chou vert
– 1 navet coupé en petits cubes
– 1 carotte coupée en petits cubes
– 1 petit oignon coupé en petits cubes
– 4 gousses d’ail fumée émincées
– 20 baies de genièvre
– 1 clou de girofle
– 1 feuille de laurier
– 1 CC de thym
– 2 CS d’huile d’olive
– 50 ml de vin blanc
– 30 cl de bouillon de légumes + 50 ml
– sel, poivre
Pour la sauce :
– 1 échalote émincée
– 1 CS d’huile d’olive
– 50 ml de vin blanc
– 1 CC bombée de farine
– 1 généreuse CS de moutarde
– 40 cl de crème de soja (pas trop liquide)
– sel, poivre
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PANNA COTTA D’HIVER

 

Un dessert de fêtes très gourmand et léger qui finira parfaitement le repas de Noël, aussi riche soit-il !
INGRÉDIENTS (POUR 4 PERSONNES):
– 40 cl de crème de soja
– 30 g de sucre blond
– 50 g de purée d’amandes
– le zeste d’une orange
– 2 g d’agar-agar
– 6 à 8 belles CS de crème de marrons

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POÊLÉE DE CHAMPIGNONS À LA CRÈME D’AIL

Une recette simple et raffinée, idéale pour vos menus de fêtes.
INGRÉDIENTS (POUR 4 PERSONNES EN ENTRÉE OU 2 PERSONNES EN PLAT):
Pour la crème d’ail :
– 8 grosses gousses d’ail
– 25 cl de crème de soja
– 1 brin de thym
– sel, poivre
Pour la poêlée de champignons :
– 400 g de champignons (ceux que vous préférez, ici champignons de Paris émincés et chanterelles)
– 2 CS d’huile d’olive
– 2 CS de persil haché
– 25 ml de vin blanc
– sel, poivre

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TOFU DUGLÉRÉ

TOFU DUGLÉRÉ

 

« C’est en regardant un documentaire sur Gustave Escoffier, père de la gastronomie française « moderne », que nous avons eu l’envie de proposer certaines de ses recettes en version totalement végétale. Et qui sait ? Peut-être qu’aujourd’hui, lui aussi, serait escoffièrement végane, on peut rêver... »

INGRÉDIENTS (POUR 2 PERSONNES) :
– 250 g de tofu nature bien égoutté et détaillé en 4 morceaux
– 2 tomates pelées, épépinées et hachées
– 2 échalotes finement hachées
– une petite poignée de persil ciselé
– 25 ml de bouillon de légumes additionné d’1 CC d’algues en paillettes
– 12 cl de vin blanc
– 1 CS de crème de soja
– 50 g de margarine
– trait de jus de citron
– sel, poivre

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SIDÉRALE BARBAQUE — CRITIQUE DU LIVRE « VIANDE » DE NOËLLE MICHEL — NOIR POLAR AUX CONFINS DU SPÉCISME

CRITIQUE DU LIVRE « VIANDE » DE NOËLLE MICHEL — NOIR POLAR AUX CONFINS DU SPÉCISME

 

« Il s’arrêta à l’ombre d’un magasin et cligna des yeux. Il regarda dans la devanture. Aperçut de minuscules créatures dans une cage.   Achetez un bébé de Vénus pour votre enfant, conseillait une pancarte.   Il regarda ces petites créatures à tentacules dans les yeux et y lut l’intelligence en même temps qu’une détresse implorante. Il passa son chemin, honteux de ce qu’une espèce était capable de faire subir à une autre »
p.154 in « Frère de la machine » dans Nouvelles 1. 1950 – 1953, Richard Matheson

 

« Elle transpirait là, la magie humaine, dans ces bras tendus, dans ce regard implorant, dans ces mamelles arrogantes, dans ces jambes écartées, dans ce ventre offert.   Il lui fallait maintenant sceller sa réconciliation avec son monde. »
p.477 in Les fables de l’Humpur, Pierre Bordage (1999)

 

« Les innocents, ça n’existe pas. Par contre, il existe différents degrés de responsabilité. »
in Millénium, Tome 2 : « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette » Stieg Larsson (2006)

 

 

   Ouverture du roman Viande : une femme enceinte est séquestrée et torturée. Nous sommes dans un pur thriller, tout du moins à ce moment-là du récit.

   « J’aperçois mon reflet dans les verres de ses lunettes carrées : une montagne de chair blême et flasque, presque impossible à bouger. » (p.9)
   Viande s’avère  être le dernier morceau de bidoche que nous avons dû avaler, invité-e-s par Noëlle Michel, l’écrivaine à qui l’on doit cette rata-là, à la recevoir et la déguster de la première à la dernière bouchée, comprenez : du premier au dernier mot. Et il faut bien reconnaître que c’est avec délectation que nous nous sommes réimprovisé-e-s sarcophages pour engloutir toute cette nouvelle cuisine. Eh bien nous nous sommes plutôt régalé-e-s. Viande est de ce genre de littérature de résistance qu’on ne lâche que lorsque tout est consommé, encore qu’il faille certainement un certain temps pour en faire la digestion. En effet, menée de plus en plus tambour battant, cette histoire ne laisse pas indemne par sa force à vous projeter tant dans la peau de ses personnages que dans la peau de… oh la ! attendez, wait a minute, on ne va pas vous donner toute la recette comme ça. Bon alors, une femme enceinte, de la torture, c’est quoi ce pitch ? À quelle sauce en tant que lecteur-ice-s, Noëlle Michel compte-t-elle nous assaisonner ? Lire la suite

BORDEAUX CHÂTEAU CAZEAU — 2019

   Voici un vin de bordeaux à moins de 6€ qu’on trouve chez Carrefour et qui, c’est assez rare pour les vins de cette région pour le moment, est vegan.
   Que nous dit le site de ce vignoble ? Que ce vin offre des bouquet de fruits rouge et fleure bon les arômes d’avoine et de mocha. Une fiche en anglais vous en dit plus en cliquant ici.
Bonne dégustation.
K&M