PLUS ON EN APPREND SUR LES ANIMAUX PLUS ON DEVIENT INTELLIGENT — « L’INTELLIGENCE ANIMALE. CERVELLES D’OISEAUX ET MÉMOIRE D’ÉLÉPHANTS » D’EMMANUELLE POUYDEBAT — MAELSTRÖM DU VIVANT

« L’INTELLIGENCE ANIMALE. CERVELLES D’OISEAUX ET MÉMOIRE D’ÉLÉPHANTS » D’EMMANUELLE POUYDEBAT — MAELSTRÖM DU VIVANT

 

« L’évolution est événementielle. C’est l’événement qui fait l’évolution et l’événement – en l’occurrence la circonstance – fait la transformation. »
Yves Coppens

 

« La question des disparités et des points communs entre les humains et les autres animaux ne me quitte plus. »
Emmanuelle Pouydebat, pp19-20 in L’intelligence animale…

 

« La prochaine grande étape de l’évolution humaine est le véganisme. »
Nous

 

intelligence-animale-emmanuelle-pouydebat    C’est l’histoire d’une fillette qui ayant vu à la télévision Yves Coppens parler de notre ancêtre l’australopithèque Lucy, s’est pris de passion pour les origines de l’Homme, et qui au cours de ses études et de ses recherches, s’est spécialisée dans l’étude de l’intelligence animale. À tel point que, bien qu’en désaccord avec certaines de ses théories, l’auteure de L’intelligence animale. Cervelles d’oiseaux et mémoire d’éléphants est parvenu à convaincre le célèbre paléontologue et paléoanthropologue d’être son directeur de thèse.

   C’est un livre assez court qui parvient grâce à la passion qui anime ses lignes, à vous rafraîchir la mémoire sur l’émerveillement que procurent les récits sur la préhistoire ou la théorie de l’évolution quand on est enfant. C’est l’histoire personnelle d’une femme devenue chercheuse au CNRS et qui aura eu comme modèle une autre figure majeure de la science contemporaine, et rénovée, en la personne de Jane Goodall.
   Emmanuelle Pouytdebat nous emmène avec elle sur les traces des chimpanzés et d’autres primates en partageant avec nous ses expériences et ses observations dans la Nature aussi bien qu’auprès des animaux aujourd’hui captifs dans les zoos ou les centres (…). À ses côtés dans la jungle, nous prenons la mesure des formidables capacités des animaux non-humains et avec elle nous comprenons encore plus davantage les contraintes écologiques auxquelles sont confrontés les animaux. Tour à tour nous croisons des fourmilières où mieux vaut ne pas mettre le pied dedans, des traces d’hippopotames qui viennent de passer, des mygales qui se dressent, une carcasse d’éléphant à ne pas toucher à cause du virus Ebola[1].animal-intelligence
   C’est un ouvrage à mettre entre toutes les mains, à commencer par celles des jeunes gens que la lecture ne rebute pas et qui trouveront possiblement dans ce témoignage le même engouement que Coppens a transmis à l’auteure. Et de l’intérêt pour le passé lointain de notre espèce qui se donne encore si souvent pour peu commune et en-dehors du reste de la création, Pouydebat recentre la question pour « remettre les humains à leur place » comme elle dit. Il faudra bien sans aucun doute le répéter un bon moment, mais le temps fait son œuvre et bientôt il sera pour tous évident que l’Humanité est simplement […] au sein du règne animal, et pas nécessairement en son sommet, afin de discuter le plus objectivement possible les points communs et les différences entre les espèces, partant que dans le gigantesque maelström du vivant, lorsqu’on prend le temps de regarder autour de soi et notamment comment vivent les animaux, tous les animaux, […] les humains ne sont définitivement pas les seuls candidats à la fabrication des premiers outils en pierre et que de nombreuses questions demeurent[2].
e-pouydebat   C’est un bouquin qui n’a l’air de rien mais dont l’apparence est trompeuse. Oui, vous avez déjà entendu parler de la vélocité des chimpanzés pour mémoriser l’emplacement de chiffres sur un écran, et oui vous savez que les corneilles et les perroquets sont d’habiles volatiles. Mais vous ignorez encore des choses au sujet des éléphants, des araignées, des poissons[3], des oiseaux et autres êtres aux capacités étonnantes qui, même sans mains, réalisent des choses surprenantes. Afin de commencer à nous remettre en question, nous dire que nous ne sommes pas les seuls faiseurs d’outils. « Car s’il n’est pas indispensable de posséder ces caractéristiques anatomiques pour fabriquer un outil, alors les humains ne sont pas les premiers à avoir eu le potentiel de le faire. » (op. cit. p.49)
   C’est un objet simple, ce livre, mais c’est aussi un outil qu’il faudra reposer pour se lever et aller regarder au dehors, pour contempler l’ingéniosité de ces autres que nous qui nous rappellent par leurs propres prouesses issues de notre passé commun lointain, que nous sommes une espèce parmi d’autres. « L’outil n’a certainement pas le monopole de l’intelligence, intelligence qui n’échappe pas à la règle du monde vivant, celle de la diversité et qui n’est certainement pas l’apanage des humains, et encore moins de leur pouce opposable. » (p.67)
corbeau-caledonien
M.

 

 

   [1] L’intelligence animale. Cervelles d’oiseaux et mémoire d’éléphants, pp.20-21, Odile Jacob — 2017.
   [2] Ibid., p.27 & 37.
   [3] E. Pouytdebat n’omet pas de dire que les poissons sont, après les souris, les plus utilisés dans l’expérimentation animale, et que les océans sont en voie d’être privés de toute forme de vie sous l’effet des actions humaines.
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